Y’a pas juste le sang et les décès!

Aujourd’hui, je vais débuter en faisant appel à vos souvenirs personnels si vous le voulez bien! Quelques questions bien simples, tellement simples que les poser semblent absurdes.

  1. Vous êtes-vous déjà tranché (coupé) le doigt pour valider l’efficacité de votre couteau à steak?
  2. Avez-vous déjà pris un vilain plaisir à vous mettre la main gauche au complet sous les lames rotatives de votre tondeuse à gazon?
  3. Combien de fois vous pulvérisez-vous du vinaigre de cidre de pommes dans les yeux?
  4. À quelle fréquence défoncez-vous le visage de votre conjoint avec une barre de fer?
  5. Combien de pots de verre avez-vous laissé en équilibre dans votre frigo afin qu’ils se fracassent sur le plancher ce soir lorsque vous l’ouvrirez?

> Kévyn, t’es vraiment stupide avec des questions qui n’ont ni queues ni têtes!

Vraiment?

La plupart d’entre nous utilisons notre bon gros sens dans 99% des situations à la maison, entre-autre parce que nous sommes responsables de nos actions. Si je me fais une belle tranche de peau en rappant des carottes, eh bien c’est moi le cave!

Mais qu’en est-il dans le merveilleux monde du travail?

Je pose la question parce que je constate que bon nombre d’individu laisse leur gros bon sens dans la voiture ou dans le wagon de métro avant de se présenter sur le lieu du travail.

> Kévyn, tu exagères, tu généralises, tu beurres épais, tu …

Vraiment?

Le jour où j’ai vu de mes propres yeux un candidat, pour un poste de col bleu (aucune connotation péjorative ici, ça l’adonne comme ça), tenter de mettre en marche un coupe-bordure (Weed Eater) par la petite ficelle orange, le tout en souriant et en appuyant sur la pompe à essence pendant plusieurs minutes, eh bien je me suis dit que le gros bon sens était resté couché à la maison pour ce monsieur.

C’était flagrant, mais c’était si pur, si naturel, si instinctif. Des situations à risques, des situations dangereuses, des situations absurdes telles que celles-ci surviennent au quotidien, partout et dans tout type de poste.

Plusieurs facteurs endogènes et exogènes aux individus peuvent expliquer ces comportements.

Limitons-nous ici qu’à l’affaiblissement du cerveau. Je le sais, ça ne se peut pas…mais surtout ça ne se dit pas! Disons donc plus simplement que plusieurs individus n’ont aucun gros bon sens au travail. Comme disait mon père : « sers-toi donc de ta tête si tu en as une »!

C’est peut-être dû à une déformation professionnelle, ou encore à mon parcours professionnel, ou peut-être bien parce que j’aie commencé à travailler à 12 ans et que je voyais sans cesse du monde se blesser, mais je vois la SST partout, tout le temps et dans tout! Ma femme trouve ça fatigant, mais si elle a encore tous ses doigts aujourd’hui, j’ai une grande part de mérite J

Donc, le problème comme je le mentionnais, réside dans le fait que plusieurs individus n’utilisent pas leur gros bon sens en milieu de travail. Non pas parce qu’ils n’en ont pas, mais bien souvent parce qu’ils se déresponsabilisent.

Pourquoi?

Parce que la CNESST existe…

> Kévyn, t’en fume du bon!

Pas vraiment! Je ne vous demande pas d’être un Freak de la SST comme moi, je vous demande seulement d’ouvrir votre esprit sur ce qui va suivre. JE NE VOUS DEMANDE PAS D’ÊTRE D’ACCORD AVEC MOI. Je vous demande seulement d’y réfléchir quelques instants.

Ah, vous ai-je déjà mentionné que j’ai déjà travaillé pour la CSST?

Voyons voir un peu le raisonnement qui se cache dernière cette affirmation

D’emblée, la grande majorité des individus ne fait aucune distinction entre la SST et la CNESST (autrefois CSST). Pour eux, dès que ça touche la santé et la sécurité, ça concerne la CNESST. Dès qu’on prononce santé et sécurité, on parle de CNESST. Un gestionnaire de cas téléphone au bureau, sans même savoir pourquoi et sans jamais avoir eu à faire affaire avec la CNESST, le premier réflexe des gens est de faire « Ouh, un inspecteur… »

Les lois et règlement encadrent la SST, et autant les employeurs que les employées sont invités à appliquer et à respecter les principes de bases en matière des droits de la personne, du respect de l’intégrité physique et morale, du maintien d’un environnement de travail sain et sécuritaire. Alors que syndicats, employés, employeurs, fournisseurs et grand public sont conviés à se responsabiliser et à agir, beaucoup trop d’entre nous préférons néanmoins nous en remettre à la CNESST.

Êtes-vous déjà allé sur le site de la CNESST?

Non? Vous devriez! On y retrouve tout et l’information est catégorisée (employeur, employé, fournisseur, et professionnel). C’est bien, c’est parfait. C’est peut-être même trop bien pour les gens qui laissent leur gros bon sens dans leur voiture ou dans le wagon du métro… Pourquoi me questionner si les réponses sont déjà toutes écrites?

Mon point est simple. La CNESST ne devrait être que le dernier rempart et non le premier réflexe. Votre comité de santé et sécurité au travail devrait être là pour vous. Vos délégués syndicaux devraient être là pour vous. Vos collègues devraient être là pour vous. Vous devriez être là pour tout le monde, surtout pour votre famille.

Car, comme je le mentionnais précédemment, la SST est partout.

La SST est tellement partout en RH que tout bon professionnel RH devrait en avoir une dose minimale dans son ADN. Nous retrouvons de la SST dans l’ensemble de nos activités :

  • Recrutement: tests physiques, exigence de carte de compétence, exigences physiques de certaines catégories d’emploi, etc…
    • Saviez-vous que si vous vous êtes blessés il y a 6 ans et que l’accident a été déclaré à l’époque… eh bien cette information demeure. Encore plus, si vous avez touché des prestations, si vous avez eu des rechutes ou aggravations.
    • Saviez-vous que si vous vous blessez gravement demain et devez aller sur la CNESST, eh bien il n’y a pas que la blessure qui risque de vous suivre toute votre vie.
  • Formation: 1er secours, Comité SST, SIMDUT, TDG, cadenassage, travaux en hauteur, espace-clos, etc…
  • Rémunération: plusieurs bonis annuels dépendent des performances individuelles et des performances de l’entreprise. Si votre entreprise a vécu deux accidents de travail dans la dernière année, le taux de la prime augmentera et différents frais seront chargés à l’employeur. Incidemment, l’entreprise fera des déboursés supplémentaires réduisant ainsi sa marge de bénéfices. Conséquemment, le % de l’employeur sur votre boni se verra amputé. Même les augmentations salariales de l’employeur ont un incident sur son dossier à la CNESST. En effet, lorsque la masse salariale déclarée augmente, la prime d’assurance augmente puisque le taux de l’employeur est calculé par tranche de 100$ de la masse salariale.
  • Etc…

La SST ce n’est pas voir du sang ou constater impuissamment le décès d’un collègue. Ceci n’est que la fatalité de la finalité. La SST c’est beaucoup plus. La SST est dans tout et en tout temps.

C’est vrai que la SST est une affaire de tous, c’est ce qui explique que dans le merveilleux monde du travail la SST n’est pas et ne doit pas être exclusif aux RH.

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