Un coup de poing ou un coup de pied?

Encore une fois, ce matin, un No Name en recherche de confiance demandait au monde entier de choisir à sa place. Faisant partie du monde entier, je me suis senti interpellé. Aidez-moi à choisir entre les photos A, B, C et D pour ma photo de profil Linkedin.

Ouain… t’es pas mal laid sur les 4. Est-ce que tu veux le savoir? Probablement pas. D’un autre côté, la A ne m’inspire pas confiance; sur la B tu n’inspires pas confiance; pourquoi as-tu fait ça sur la C; il ne me reste que la D. Entre toi et moi en revanche, même avec la D, tu n’iras pas trop loin. Tu veux mon choix oui ou non? Dans l’affirmative, pourrais-tu me donner un véritable choix.

Dans le merveilleux monde du travail…

T’as le choix : démissionner et te retirer la tête haute ou bien te faire congédier après que ton boss eut bien ficelé le dossier… et tu sortiras de là la tête entre les deux jambes! Avouez que des choix de la sorte, nous aimons ça en pas pour rire! La main dans le malaxeur ou bien un traitement de canal? Devant ce festin et cette démonstration d’amour, sentez-vous que vous avez le choix? Le libre choix? Vraiment?

Le fait de donner un choix entraîne une illusion de liberté de décision. Afin de ne pas tomber dans la démagogie, et tout en évitant les pièges des publicitaires, prenons les fameux tests psychométriques en emploi. On nous demande de choisir entre A, B, C et D. Mais que faisons-nous si aucun ne nous convient? Nous ne pouvons évidemment pas choisir E puisqu’il ne fait pas parti de la palette des options. Que faisons-nous en pareille situation? Nous nous contraignons à faire un choix, le choix du moins pire ou du moins désagréable. Et nous nous faisons juger, évaluer, classer et refuser fondé sur ce faux choix.

Souvent, en imposant un choix, nous imposons une idée qui ne laisse place à aucun choix, à aucune marge de manœuvre. En imposant des choix, ou du moins en proposant des choix qui évacuent nos réelles intentions ou nos réels intérêts, nous nous faisons souvent imposer une discrimination, qui avec la force des choses, et avec les pressions temporelles, finit par devenir systémique. C’est là et nous l’acceptions. C’est là et personne ne remet rien en question jusqu’à ce qu’il en ait un qui crie au drame!

En 1960, demander si vous étiez un homme ou une femme, passait sans causer trop d’onde de choc. La question est demeurée et les formulaires de tous genres véhiculent ce choix depuis ce temps. En 2017, en proposant femme ou homme, nous limitons les choix et nous discriminons une partie de la population. Que vous soyez d’accord ou non c’est comme ça maintenant.

Une fois implantée, communiquée, acceptée et bien rodée, nous relevons l’incongruité de la chose discriminatoire, et nous nous insurgeons contre la procédure, contre les résultats de cette culture de banalisation. J’en conviens et je partage, mais où étiez-vous et pourquoi n’avoir rien dit au moment de l’implantation de ces aberrations? Vous ne vous sentiez pas menacé, donc vous vous en foutiez? Vous ne vous étiez pas brûlé, donc le feu n’était pas une préoccupation pour vous. Mais maintenant quoi? Nous devrions avoir pitié et vous donner du Clear Eyes pour que vos yeux rouges de colère vous irritent moins?

Vous ne savez pas où vous étiez et ce que vous faisiez quand nous vous avons donné un choix illusoire? Faites l’ignorant avec quelqu’un d’autre que vous-mêmes si vous le voulez bien. Parce que vous ne l’aviez pas compris de cette façon ou du moins nous vous avions mal expliqué les conséquences? Peut-être bien, mais vous êtes quand même responsable de vos décisions.

Devons-nous vraiment faire un choix entre se planter ou non un clou dans l’œil pour savoir si cela est un peu, moyennement ou beaucoup douloureux? Ouain, mais maudit je ne pensais pas que c’était pour faire aussi mal…

L’ensemble des décisions passées ont forgé petit à petit la société dans laquelle nous évoluons, donc même en ne comprenant pas tout à 100%, nous contribuons tous à l’amélioration de la société. Mais nous contribuons tous aussi au maintien, à l’acceptation et à la banalisation de certaines pratiques et certaines idées jugées discriminatoires.

C’est toujours facile de parler et de critiquer avec un certain recul et après une certaine période de temps. Ça, nous le savons tous. Pourtant, cela en empêche pas certain de jouer aux innocents ou bien de faire la vierge offensée seulement et bien seulement lorsque la mesure, la politique, ou le résultat nous est défavorable.

Dans le cas contraire, nous sommes tous des spécialistes de l’aveuglement volontaire. À moins que cela ne soit que de l’ignorance collective ponctuée d’un je-m’en-foutisme très bien incrémentée.

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