Loi 127

Ce qui est bien avec un buffet –principalement chinois- ce n’est pas tant le rapport quantité-prix, mais bien l’opportunité pour le client (ou le consommateur?) d’en prendre et d’en ingurgiter autant qu’il le désire et d’arrêter lorsqu’il le désire. Il se goinfre; détache sa ceinture; prend une petite tisane verte à la fin pour faire passer le tout; il paie; il quitte; et puis fin.

Ce qui est moins bien par contre, c’est lorsque cette goinfrerie se fait sur les animaux afin de produire des pâtés par exemple. Certains aiment, d’autres sont dégoûtés. Certains pestent et protestent contre cette cruauté qu’est celle de forcer les animaux à manger à s’en faire exploser l’estomac et le foie. D’autres, qui ne sont pas consommateurs s’en foutent éperdument, passent devant la vitrine et ne sont pas dérangés par le spectacle.

Ce qui est inacceptable, ce n’est pas tant de goinfrer les animaux que d’avoir d’l’air d’un chacal au buffet chinois du quartier, mais bien le fait que cette goinfrerie soit forcée, incidemment non volontaire. Lorsque nous voyons en boucle les vidéos d’une goinfrerie sauvage, nous nous indignons 4 minutes, nous protestons 2 heures, nous nous insurgeons contre quelqu’un (mais on ne sait jamais qui…) un certain temps, des célébrités apparaissent avec des causes…

Pour ou contre, on s’en fout, au moins quelque chose se passe et des gens agissent. Le gouvernement en parle puisque c’est bon pour les votes. Le gouvernement est tellement compréhensible et porteur de solutions dans de pareilles situations. On l’aime et il nous aime, dans le fond nous nous aimons.

Mais, dans le merveilleux monde du travail, surtout dans le monde du secteur public, l’indignation a un ennemi de taille : le bâillon.

Lorsqu’il en a assez, le gouvernement n’en parle plus, il tranche, et puis ça saigne. Des têtes tombent et ce n’est bien évidemment pas la sienne. C’est rarement beau, et le lendemain de veille laisse un goût amer.

Quatre mois de grève inutile; un fond de grève à plat; et quelques emprunts plus tard, les relations de travail ne peuvent être que mauvaises. Pour l’État-employeur, le concept de négociation de bonne foi est très limitée et encore plus dans une situation d’offre finale. Mais peut-on lui en vouloir puisque c’est l’essence même de l’offre finale. Finie la bonne foi.

L’offre finale, c’est le signe; c’est le commencement de l’acceptation; c’est le moment où l’oie comprend que c’est la fin puisque le gavage forcé s’est vraiment mal conclu pour ses consœurs oies. On s’insurge pour l’oie, mais qu’en est-il d’une loi forcée pour décider des conditions de travail d’un groupe de salariés accrédité que l’on musèle et que l’on goinfre, alors qu’ils ont pourtant droit à un traitement juste et équitable? Maudit qu’on aime ça des p’tits vidéos de chats.

Quoi qu’il n’y a rien de surprenant de la part du gouvernement qui n’est pas en mesure d’appliquer sa propre loi sur l’équité salariale. Mais ça, c’est une autre histoire…

Voyons où les juristes de l’État en seront dans 105 jours. Courage dans vos négos!

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s