Congédier par la bande!

Quoi qu’ayant été initié très tôt aux quilles et au mini-put, par mémé Gagné, je dois avouer que j’ai toujours rit de ces sports. Encore davantage lorsqu’il était question de Curling. J’ai toujours trouvé ce sport ridicule et rudimentaire, jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où je me suis initié au golf et encore plus jusqu’au jour où j’ai commencé à comprendre le billard.

Sports de contact de faible envergure, j’en conviens, mais ô combien instructif en matière de GRH.

Le billard est l’analogie parfaite afin de démontrer l’importance de bien monter un dossier disciplinaire menant à un congédiement tout en utilisant les acteurs en jeu.

Connaissez-vous le jeu de la 9 au billard? Nous délaissons les 15 boules et la fameuse boule #8 n’est plus l’objectif final. Le but est de rentrer les 9 boules dans l’ordre. Donc une seule possibilité à la fois plutôt que 7-6-5 en vargeant dans le tas avec votre baguette, selon que nous ayons les basses ou les hautes…

Avant de vous perdre davantage, disons seulement que ce qui compte le plus est le positionnement de votre boule blanche. Empocher la boule #1, mais positionner sa boule blanche dernière la #4 vous oblige à faire un coup défensif si vous êtes habile, sinon vous tentez de ménager l’impact négatif de votre coup perdu qui sera probablement avantageux pour votre adversaire. Le but est donc non seulement d’empocher la boule #1, mais aussi de se positionner immédiatement pour la seconde boule, et ainsi de suite.

Comment faire?

Contrôlez la blanche. On doit chercher à créer un effet précis sur celle-ci pour l’atteinte de l’objectif final. Ce qui compte n’est pas tant le coup présent, mais plutôt la façon dont on s’y prend pour bien se positionner pour le coup suivant. Nous devons entre-autre considérer la force de frappe, l’impact de la baguette sur la blanche et la blanche sur la boule suivante… et ça sans parler des combinaisons.

Coup sec-retenu au bas de la boule blanche me donne un effet retro sur la boule blanche (elle recule) alors que la boule visée accélère rapidement vers la poche. Nous devons mesurer l’effet que nous donnons à la blanche et l’effet que cela provoquera aussi sur la boule touchée. L’angle de chaque action doit être calculé puisque l’angle de la frappe aura minimalement un double effet = direction de ma blanche et de la boule visée. Ainsi de suite jusqu’à la dernière boule, SANS SAUTER D’ÉTAPE et sans perdre votre tour de frappe évidemment.

Ici, ce n’est que la base, entendons-nous bien.

Transposons et transportons nous dans le merveilleux monde du travail, et disons que cette boule blanche de billard est vous à titre de gestionnaire devant négocier avec un employé problématique, qui disons-le sans s’en cacher, est tout près de la porte. Tellement près, que la porte est devenu son seul support. Pour sa part, disons que la baguette de billard définie la façon dont vous appliquez vos décisions et la façon dont vous vous y prenez.

D’abord’ qu’ai-je dit plus haut? Contrôlez la blanche, donc contrôlez vous. Ensuite, ne sautez pas d’étape par empressement ou par écœurement. Soyez responsable de votre baguette, donc de vos décisions et de la façon dont vous vous y prenez.

Donc, vous avez un employé qui vous fait suer encore plus que ne le ferait un marathon par un beau 63°C? Vous avez tout tenté, sérieusement tout tenté dans les règles de l’art, mais cette plaie ouverte demeure là comme un bouton d’acné sur la figure d’un pré-pubère pour qui les prochaines années n’annoncent rien de beau? Les RH semblent dormir au gaz, encore?

N’oubliez pas : boule blanche et baguette -> non pas pour le coup présent, mais bien pour le coup suivant jusqu’à la dernière boule.

Vous êtes gestionnaires, j’imagine que je ne vous apprendrai rien, donc je prends ce qui suit pour acquis : toute action de votre part est documentée, toute réponse est documentée, toute politique pertinente a été interprétée et appliquée, toute étape disciplinaire progressive a été respectée. Tout a été fait dans les règles de l’art, et pourtant « chose » est toujours là à vous faire suer. Encore plus qu’il n’y a à peine que 3 secondes.

Vous avez tout tenté, mais avez-vous essayé de vous servir des autres boules et des bandes pour atteindre votre objectif? Même dans une mauvaise posture? Avec confiance?

Je vous parlais de billard plus haut : je mentionnais la boule blanche, la baguette (j’ai oublié de parler de la fermeté ou non de la tenue…), l’objectif de votre coup présent et l’effet que vous créez pour y parvenir et vous positionnez, mais le billard se joue sur une table de billard et cette table est constituée de bande. De plus, les autres boules ne disparaissent pas pour ne laisser place qu’à la boule blanche et la boule visée. Elles sont là, et nous pouvons faire des combinaisons, c.-à-d. frapper une seconde boule avec la première pour accélérer la fin de la partie ou bien pour tout simplement mieux se positionner.

Ces bandes sont votre environnement de travail, les frontières, les limites à respecter et à faire respecter. Ces autres boules sont les collègues de travail de l’employé problématique. Ils sont là; pourquoi ne pas les utiliser?

Tout bon joueur de billard contrôle non seulement la blanche pour son positionnement, mais les bandes et les autres boules lors de combinaisons. Si par malheur, la blanche se retrouvait volontairement coincée derrière la mauvaise boule (obstacle supplémentaire au congédiement) ou bien suite à un mauvais coup de votre adversaire (employé, politique, RH) qui vous oblige de poursuivre la partie dans cette position, tout bon joueur (gestionnaire) utilise la bande ou une combinaison pour un second coup défensif ou bien pour un coup spectaculaire –changeant évidemment le momentum– tout en se redonnant l’avantage (gestionnaire) pour le coup suivant.

Ne perdez pas la blanche aux mains de votre adversaire, surtout pas sur la boule #9, car même si c’est vous qui avez empoché les boules 1 à 8, il y a fort a parié qu’il ne manquera pas ce dernier coup, surtout s’il vous donne du fil à retordre depuis des années.

C’est en comprenant les rudiments du sport, peu importe lequel, et en se questionnant sur ceux-ci que nous sommes mieux disposés à saisir les subtilités de chaque action, de chaque conséquence et de la chaîne qui s’en suit. S’arrêter pour comprendre, comprendre pour mieux entreprendre, et agir pour de meilleurs résultats mesurables, c’est primordial.

On ne marche pas pour marcher, nous marchons pour avancer. Il en est de même avec le savoir que nous acquérons.

Comme je le mentionnais plus haut, curling, billard, pichenette, mini-put, tous des « sports » ridicules… à première vue. Dernière l’ignorance se cache une technique souvent très impressionnante et un contrôle qui l’est encore bien plus. Il est parfois bien de s’y intéresser, de la comprendre et de l’appliquer.

La balle est dans votre camp; que dis-je : la boule!

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