Veux-tu donner ou bien que l’on te le donne?

Ton nouveau chandail est beau, mais il me ferait encore mieux. Si c’est moi qui avais fait ton travail, je ne l’aurais vraiment pas fait comme ça. J’ai suivi la recette de Ricardo, mais j’ai remplacé les 12 ingrédients suivants par mes ingrédients, c’est bien meilleur. Il me semble que le Canadien de Montréal serait bien plus puissant, si quelqu’un comme moi jouait pour eux.

Ah, le pétage de bretelle!

Toi t’es bien, mais moi, je suis encore meilleur. Mon père est plus fort que le tien et ma mère pisse plus loin que la tienne! Ma femme est plus sexy et mes enfants sont les plus intelligents… que voulez-vous, c’est comme ça. Parfois, il arrive que l’on se compare pour faire valoir un point ou bien pour faire la démonstration d’une discrimination ou bien d’une injustice. Mais souvent, on se compare juste pour planter l’autre et se mettre en lumière.

Souvent, nous nous comparons pour justifier notre indignation ou bien, nous nous indignons pour comparer nos situations. C’est encore plus vrai lorsqu’il est question du gouvernement et de sa gestion. On se dit que nous payons assez de taxes, donc nous pouvons bien critiquer où le gouvernement investit et la façon dont il s’y prend. Moi, j’aurais fait-ci au lieu de cela; mais on fond y’a pas grand-monde qui fait quelque chose, n’est-ce pas.

« Ne demandez pas ce que vous pouvez faire pour votre pays, mais bien ce que votre pays peut faire pour vous! ».

J’ai pensé à cette phrase du discours inaugural de Kennedy ce matin en lisant l’objectif de carrière d’un candidat pour un poste X. Pourquoi, seulement ce matin, puisque j’ai probablement lu cette phrase des milliers de fois? Je ne saurais dire. Ainsi : « je cherche une position à titre de (nom de la fonction) dans une entreprise dans laquelle je pourrai mettre à contribution et profit mon expérience et mes compétences pour apporter une valeur-ajoutée à l’entreprise. »

Ça sonne quasiment comme un politicien qui ne dit rien puisque c’est un politicien, non?

Premièrement, c’est bien beau tout ça, mais qui croyons-nous être pour déblatérer tout ça? -Ici, je m’inclus autant du côté émetteur de la question, que du côté du récepteur, puisque j’ai probablement déjà utilisé cette formule-minute.- À la simple lecture de la description d’emploi, croyons-nous vraiment être en mesure de calculer tous les tenants et aboutissant de l’entreprise et de les comparer avec l’introspection immédiate que nous faisons de notre pathos? Nous sommes réellement forts, nous les humains, lorsqu’il est question de se trouver un emploi, n’est-ce pas.

Deuxièmement, hormis mettre des mots les un à la suite des autres, cette phrase ne veut à peu près rien dire. Je sais, je sais, nous pouvons l’interpréter… mais nous ne sommes pas là pour l’interprétation, nous sommes là pour procéder au recrutement. De plus, et ici encore je m’inclus, je suis convaincu que 99% des gens qui ont utilisé cette fameuse phrase fourre-tout ne sauraient l’interpréter d’une part et d’autre part ne sauraient comment s’y prendre pour être la fameuse valeur-ajoutée à l’entreprise. Évidemment que nous avons une valeur, je ne remets aucunement ce point en doute, et je comprends que nous désirons l’ajouter à l’entreprise. Mais quand même; se définir comme cette valeur-ajoutée qui fera toute la différence…

Troisièmement, et je m’arrêterai à ce point : POURQUOI NE PAS ABORDER LA QUESTION INVERSEMENT?  Pourquoi ne pas reprendre la phrase de Kennedy et l’appliquer à l’emploi? Pourquoi ne pas « chercher une position à titre de (nom de la fonction) dans une entreprise qui me permettrait à la fois mettre à contribution et à profit mon expérience et mes compétences puisque cette entreprise encourage ses employés à être cette valeur-ajoutée.»

S’éloignant quelque peu de la langue de bois de nos bons politiciens, cette phrase –ou toute reformulation de votre part- est à la fois bonne pour son ego et celle de l’employeur qui lit cet objectif de carrière. De plus, cette phrase insinue aussi quelque chose qui ne se trouvait pas dans la première formulation. Soit le fait de rechercher un employeur qui respect ses employés et qui a des procédures et politiques bien établit en matière de développement de compétences et de gestion de carrière.

Parfois, le désespoir, l’angoisse et les pressions monétaires, nous placent dans une position de chercheur d’emploi vulnérable, prêt à tout faire pour se trouver un emploi à quelque part. Tellement,  que trop souvent, nous oublions que le travail peut être à la fois bénéfique pour nous et nous permettre réellement de devenir cette fameuse valeur-ajoutée tant à la mode.

Quel est votre objectif de carrière?

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