T’es juste pas bon!

T’es en retard, t’es encore malade, t’as fait une erreur, t’es trop gros, t’es trop petit, tu parais trop bien et je trouve ça louche, t’as pas assez d’expérience, t’es trop jeune, t’as des enfants… t’as et t’es…

T’es bon… de quessé, QUOI!!? C’est à moi que tu parles? C’est de moi que tu parles, t’es bien sûr?

Nous utilisons quotidiennement des milliers de mots, pourtant cette suite de trois simples mots est quasi inexistante de notre vocabulaire. Pourtant, en français, la base pour construire une simple phrase nous renvoie à notre bon vieux « sujet-verbe-complément » comme dans la phrase suivante : tu es bon.

Nous apprenons cette structure dès nos premiers balbutiements et comprenons en classe cette structure dès nos six ans. Peut-être bien que l’âge interfère en premier sur cette simple structure avant d’attaquer plus sérieusement le cerveau. Sinon, comment expliquer que nous ne soyons plus capables, ou du moins difficilement capables de formuler cette phrase.

Fermez votre porte de bureau et allons-y ensemble : tu es bon!

Avouez que vous en avez eu des frissons 🙂

À défaut de vous le faire dire; commencez par vous le dire à vous-même (et d’y croire). Une fois répétée et acceptée, ne vous gênez pas pour le mentionner à un de vos collègues suite à un évènement ou action qui est digne de mention. Nous ne voulons quand même pas que cela devienne un mantra RH à la con que nous relayerons avec empressement aux oubliettes.

Dans les faits, à moins que vous vous fassiez congédier à la suite d’une insertion dangereuse d’un tournevis dans une prise de courant ou bien parce que vous avez défoncé le nez de votre collègue avec un crochet de la droite, vous êtes bon dans votre emploi. C’est juste qu’on ne vous le dit pas.

Encore une fois, à moins d’avoir craché au visage de votre directeur ou bien d’avoir couché avec sa conjointe, vous êtes bon dans l’emploi que vous occupez… ou que vous occupiez jusqu’à il y a quelques instants.

On perd du poids, on perd des cheveux, on perd des amis, on perd des êtres chers… on perd aussi nos emplois.

Je le sais; perdre sa job, c’est tough pour l’orgueil! Ça crée un sentiment de honte, un profond questionnement et une introspection fait dans des conditions loin d’être optimales.

Mais ce n’est pas parce que vous perdez votre emploi que vous n’étiez pas bon, que vous n’êtes pas bon et que vous ne serez plus bon. Les conjonctures économiques, les restructurations, le marché et autres facteurs exogènes à votre emploi n’ont rien à voir avec vos compétences.

Mais puisque l’on ne se fait jamais dire que nous sommes bons, il est normal que l’un de nos premiers réflexes et conclusions soit orienté vers la flagellation facile : je ne suis pas bon.

Vous avez perdu votre emploi; gardez la tête haute et gardez une haute estime de vous-mêmes.

Vous êtes bons quand même!

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