Je speak le French

Ce n’est pas parce que l’on se parle, que l’on se comprend, et bien souvent lorsque l’on se comprend, nous n’avons pas besoin de s’en parler. Qu’elle est belle et puissante la communication, qu’elle est belle ma langue; torbinouche que j’aime le français! En disant ceci, je pense à tous mes profs de français désespérés, de la 1ère année du primaire à ma 5ème année du secondaire, en passant par mes cours de rattrapage estival. Ils auraient probablement la berlue à la lecture de mon apologie du français.

Il est vrai qu’on ne sait plus l’écrire; il est vrai que le français a trop de règles et que sa grammaire nous fait suer. Ce qui peut expliquer, en partie, que nous le parlions si difficilement. Je suis le premier au banc des accusés, je dois l’avouer, mais ce n’est pas de ma faute puisque je suis originaire de Granby. Malgré notre niveau de maîtrise du français et de ses règles, la langue et le parler québécois sont tellement colorés et phonétiques, que je peux excuser les gens qui travestissent le vocabulaire, les expressions, et les tournures de phrases. Bonne chance pour les néophytes en sol québécois.

Siégeant et patientant mortellement dans une salle d’attente de notre fameux système social-démocrate québécois, et épiant les gens qui m’entouraient, mes oreilles se sont syntonisées sur la conversation d’un Québécois, début cinquantaine, et d’un septuagénaire québécois d’origine italienne. Les écouter échanger me faisait penser à ces musiciens qui ont appris la musique à l’oreille, et qui 30 ans plus tard, ne savent toujours pas lire les notes de musique. Pas besoin de lire ou d’écrire la musique pour en jouer. Pas besoin de lire ou d’écrire le français pour le parler.

Tavel’truck-Kavan?

Incompréhension…

Le premier monsieur a répété ce ramassis de mots à 3 reprises, et le second monsieur n’a pas bronché une seule fois. Les points d’interrogation se sont dissipés seulement lorsque le premier monsieur a reformulé ce que j’avais compris être une question personnelle, m’indiquant qu’ils se connaissaient depuis un certain temps.

Vous aviez le camion auparavant?

Suite à cette reformulation, le septuagénaire a relaté pendant 15 minutes l’histoire de son ancien Pick-up.langue

Ce n’est pas parce que l’on se parle, que l’on se comprend. Nous utilisons peut-être la même langue, mais nous l’utilisons, la comprenons, l’interprétons, et répliquons différemment. Nous sommes humains.

Répéter et répéter n’est peut-être pas la meilleure solution lorsque l’incompréhension se lit sur le visage d’autrui. Quoi que de base, la reformulation, la rétroaction, l’intérêt accordé au récepteur du message, la validation du message et la compréhension du but recherché par ce message sont des éléments cruciaux lorsqu’il est question de travail en équipe, ou bien d’échanges entre un employé et un gestionnaire.

Quelque chose cloche et vous vous décidez finalement à le dire, c’est bien. Assurez-vous juste que vous soyez bien compris pour vous assurer que le message passe… et ce même si vous venez de Granby!

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