Congédier

Laisser une chance ou non?

Lorsque le couperet tombe et que c’est nous qui perdons notre emploi, pour ne pas dire la tête, eh bien, on se contre-fout des considérations, des explications, des faux-remords et de tout ce qui s’en suit, puisqu’au moment de l’annonce, notre tête balance, nos pensées s’éloignent et nous ne distinguons plus aucun son autour de nous.

Perdre un emploi, ça fait mal.congédier

Perdre un emploi implique implicitement un fautif, et habituellement nous l’identifions assez rapidement, puisqu’il se trouve assis devant nous au moment de l’annonce. Est-ce vraiment lui qui a fait le Call ou non? Et si c’était moi… impossible! À ce point, quelle est la différence, puisque c’est cette personne qui met notre avenir en jeu, en se faisant l’insensible messager.

Et si la faute me revenait? Et si je n’étais pas fait pour l’emploi?

Ne pas être fait pour un emploi ne signifie pas nécessairement être mauvais, mais tout simplement que le Fit n’y est pas. Parfois, vous démissionnez de votre propre gré parce que l’emploi ne vous convient pas, malgré le fait que vous étiez bon. Eh bien, parfois, on vous congédie aussi parce que l’emploi ne vous convient pas. Ça n’a rien à voir avec votre talent et ça n’a rien de personnel.

C’est peut-être la première fois que vous perdez votre emploi.

Depuis le début de sa carrière, c’est peut-être la cinquantième fois que ce gestionnaire congédie un employé et leur fait l’annonce sur la même chaise que vous occupiez plus tôt aujourd’hui. Mais ça, vous ne le savez pas nécessairement.

Votre vision et votre perception du congédiement diffèrent énormément de celle du gestionnaire et/ou du RH qui vous fait l’annonce. Les plus alarmistes diront que nous ne sommes tous que des numéros interchangeables… je ne m’attarderais pas sur ce sujet aujourd’hui.

Perdre son emploi, c’est difficile pour l’orgueil, et n’ayons pas peur des mots : ça fait royalement chier!

Dans l’autre coin, annoncer ce type de mauvaise nouvelle, c’est horrible. Bien peu de personnes se sentent confortables à l’idée de le faire et encore moins de passer à l’action. Je me souviens d’une directrice RH  qui n’avait pas dormi de la fin de semaine, et qui avait dû perdre 5 livres seulement dans le visage, arriver brûlée un lundi matin pour procéder à un congédiement. De toute évidence, ce type de situation n’était pas fait pour elle. Mais ça, l’employé touché ne le voit pas… et le RH le constate.

Congédier un employé, dans les règles de l’art et pour des motifs sérieux et documentés, n’a rien à voir avec l’insensibilité, le manque de cœur ou l’incompétence du gestionnaire. C’est le merveilleux monde du travail qui veut ça… et bien souvent tout repose sur l’expérience.

On en parle beaucoup, on dit en avoir, mais dans les faits, combien de fois nos expériences passées nous sont utiles au quotidien? Bien peu, comparativement à toutes ces années inscrites sur notre cv. Mais lorsqu’une situation intéressante se présente et demande la mise en application immédiate d’un volet de votre expérience, profitez-en et faites-vous confiance. Le passé n’est pas garant de l’avenir, il peut toutefois apporter un éclairage.

D’accord Kévyn, mais quel est le lien entre ce que tu dis à l’instant et tout ce que tu as dit précédemment?

Un gestionnaire ou un professionnel RH bien intentionné n’improvise pas sur des dossiers aussi délicats que ceux des congédiements. D’une part, parce que nos obligations légales sont non-négociables, d’autre part, parce que congédier un employé sur la simple prémisse de « je ne lui aime pas la face » est financièrement trop dangereux et très mauvais pour l’image de la compagnie. Mais surtout, parce que nous sommes des humains.

Quoique la finalité soit la même, la question demeure : arracher violemment le Band-Aid d’un seul coup sec ou bien y aller plus doucement?

Parfois, il arrive qu’une raison valable puisse expliquer un congédiement après une seule semaine ou un seul mois de travail. Le gestionnaire, par son expérience, sait très bien que ça ne fonctionnera pas avec vous, et ce dernier préfère mettre un terme à la relation d’emploi plutôt que d’attendre l’inévitable. Parfois, il vous rend un service, mais vous ne vous en rendez pas compte. On ne peut pas vous en vouloir et ne cherchez pas à vous en vouloir.

Certains diront que le gestionnaire devrait former et donner une chance à l’employé; que nous n’apprenons pas tous au même rythme; qu’une semaine de travail, pour se faire une idée, ce n’est pas assez. C’est vrai, et c’est ce que les gestionnaires s’étaient dit lors des 48 premières chances qu’ils ont accordées à tous les employés qu’ils ont dû congédier un jour ou l’autre. Maintenant, un gestionnaire expérimenter reconnaît certains signes qui ne mentent pas.

Ici, quand tu le sens, tu le sais. Pas besoin de preuves médico-légales.

Nonobstant le professionnalisme du gestionnaire qui a procédé au congédiement, et à toutes ses bonnes intentions, comme je le mentionnais précédemment, perdre un emploi, ça fait royalement chier.

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