Le syndicat est déconnecté

Au Québec, si nous avons des semaines normales de travail de l’ordre de 35, 37.5, ou 40 heures par semaine, ce n’est pas attribuable à la splendeur de la neige. Qu’on se le tienne pour dit, les syndicats et le mouvement syndical, de la 1ère moitié du 20ème siècle, en sont les instigateurs.

Les années ont passé, les pensées se sont cristallisées, le mouvement syndical a perdu des plumes au passage du temps, et les lois de notre social-démocratie se sont consolidées. On ne se fera pas de cachettes, beaucoup de gens se sont lassés, pour ne pas dire écœurés, des syndicats, de leurs grandes gueules, et de leurs gros bras. Ils ont fini par leur tourner le dos et ils sont devenus des travailleurs autonomes ou bien se sont dénichés un nouvel emploi dans une entreprise non syndiquée en priant pour qu’elle le demeure. Liberté!

Mais la liberté n’est pas une marque de yogourt comme le mentionnait M. Falardeau. Ainsi donc, les années ont encore passé, et beaucoup de travailleurs ont réellement eu l’impression que les syndicats avaient réellement manqué le train la dernière fois qu’il était passé. La techno est là et sera différente demain, alors que les syndicats tentent tant bien que mal de se dégager les pieds pris dans le béton depuis beaucoup plus longtemps qu’hier.déconnecté1

Au rythme que le mouvement syndical s’effrite, apparaissent les emplois atypiques et leurs lots de difficultés. Écœurés d’avoir à courir entre 2 emplois et de travailler un peu sur n’importe qu’elle plage horaire de la semaine, certains se disent que tant qu’à toujours travailler, aussi bien avoir un salaire plus élevé. Les postes de supervision, de gestion, et les postes de professionnels deviennent de plus en plus tentant.

Les années passent, les mœurs et les habitudes changent peu à peu. Les gens se scolarisent de plus en plus. Les emplois traditionnels, dit de métiers, ont beaucoup moins la côte. Les syndicats s’en désolent. Les gens aspirent à plus et visent donc autre chose. Des cieux où les syndicats ne sont pas. Désolé, mais grand-papa et grand-maman ont donné mauvaise presse au syndicat à papa et maman qui n’avaient rien de bon à redire à leur sujet. Il est bien normal que nous nous en préoccupons moins, puisque de toute façon nous sommes bien trop occupés avec nos téléphones intelligents. Je vous avais dit que les années avaient passé, donc ils ont dorénavant accaparé nos vies.

Le syndicat est de plus en plus loin, les épuisements professionnels sont de plus en plus fréquents. Les emplois syndiqués, surtout les nouveaux, se font plus rares ou plus discrets. De plus en plus d’employés sont écartés de la protection offerte par la loi sur les normes du travail… à cause de leur nouveau statut d’emploi ou bien de leur catégorie d’emploi.

La vie coûte chère, notre salaire nous le rappel. Donc, nous travaillons plus, et ça tombe bien, car nous avons tous un téléphone intelligent capable de prendre le relai quand nous devenons trop fatigués ou bien trop paresseux. Encore une fois, ça tombe bien, car avec mon nouveau poste de cadre, on me fournit évidemment mon nouvel ami. On vit avec notre cellulaire. On vit pour notre cellulaire. On voyage avec notre cellulaire, et on s’assure de ne pas l’oublier quand nous allons faire un numéro deux. Juste au cas où nous manquerions quelque chose.

Au même moment, on critique vivement notre dépendance à notre téléphone. Nous avons l’impression de ne jamais vraiment quitter le bureau. Nous avons l’impression de travailler 60 heures par semaine. Nous avons l’impression que le syndicat n’a pas vraiment réussie dans le fond. Nous sommes loin des semaines de 37,5.

Euh, attends une minute l’ami!

Après avoir fui le syndicat comme la peste, pour mieux voguer sur le marché, et profiter du système néo-libéral, pour voyager et avoir de belles photos prises par le téléphone intelligent de la compagnie, assumes ton choix.

Tu n’aimes pas, à la fois, le syndicalisme québécois et devoir être attaché aux éventuelles urgences de ton téléphone intelligent, eh bien où est la liste des solutions?

D’où l’importance de se rappeler que, depuis le 1er janvier 2017, les Français qui travaillent pour une entreprise de plus de 50 salariés ne sont plus tenus de répondre aux appels, courriels et textos reçus à l’extérieur des heures de travail.

Il n’y a pas que les syndicats qui ont le droit d’être déconnectés du monde, les travailleurs québécois devraient aussi avoir ce droit.

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