Manichéen

Amener dans les câbles ou bien pousser dans les câbles?

Si vous ne connaissez rien à la boxe, la dualité de la question ci-haut ne vous interpelle sûrement pas ou bien votre réponse est probablement la même pour les deux situations, et pourtant…

Les raisons sont différentes et le résultat l’est tout autant, puisque vos actions différeront pour y parvenir. Avant de transposer cet exemple aux gestionnaires, et plus particulièrement aux gestionnaires d’employés syndiqués, qui peuplent le merveilleux monde du travail, prenons quelques secondes pour approfondir ces deux types d’offensives.

Premièrement, pousser dans les câbles, peut être perçu comme un comportement arrogant de la part du boxeur qui tente d’imposer sa supériorité, entre autres, par la manifestation d’un certain manque de respect envers son adversaire. Nous tentons de le prendre au piège, en le projetant immédiatement dans le piège, pour ouvrir la charge et tenter de passer le Knock-out. Tout ceci, en l’espace de quelques secondes. Nous ne sommes pas là pour niaiser, mais encore faut-il être réellement bon et ne pas seulement se croire bon.

Cette technique peut être efficace si notre adversaire est craintif dès les départs, ou bien peu expérimenté, ou bien encore très facilement impressionnable. Toutefois, si notre adversaire est le moindrement aguerri et expérimenté, il saura probablement encaisser quelques coups avant de se dégager de sa position et de se sortir des câbles. Retour à la case départ, et tout est à recommencer. boxe

À l’opposé, l’amener dans les câbles, est une tactique plus sournoise, plus douce, plus longue, et parfois plus difficile. Mais le résultat en vaut souvent le prix. Plutôt que de pousser un adversaire, frais et dispo dans les câbles, pouvant contre-attaquer à tout moment, nous amenons un adversaire épuisé, à court de ressources, fatigué, et ayant de moins en moins d’issues de secours. Il est vrai que pour y parvenir, nous devons être prêts à encaisser des coups et grimacer de douleur à quelques reprises, mais que dire de notre opposant. Que dire de la satisfaction escomptée.

Amener dans les câbles, c’est en quelque sorte, profiter des erreurs que notre adversaire commet suite à notre acharnement, à notre lecture du moment présent, et à notre persévérance. Et c’est encore plus efficace, lorsque notre opposant recule lui-même et se positionne sur la défensive, suivant ainsi le plan que vous étiez pourtant le seul à connaître. Notre stratégie l’amène à fermer ses issues de secours et à se mettre dans une position vulnérable qui, espérons-le, nous sera favorable.

Idem pour vos cas lourds au travail.

Vous savez, ces employés qui vous font faire des cauchemars et qui se soudent à votre paix d’esprit pour mieux l’altérer.

Plutôt que de les prendre de face et de les confronter, encore et encore, et espérer en arriver à un résultat différent cette fois-ci, usez de ruse et contournez le malin. Dans la légalité des choses, prenez donc le temps nécessaire pour cogiter avant d’agir : mettez des pièges à gauche et à droite, réduisez le nombre de chemins accessibles, amenez volontairement l’employé à prendre le seul sentier que vous avez laissé ouvert, afin de l’amener exactement là où vous le vouliez. Sentant le piège, d’instinct, l’employé se verra lui-même obligé d’agir et de peut-être commettre une erreur en baissant sa garde.

Soyez opportunisme, sachez déceler les erreurs et gérez efficacement vos énergies pour maintenir le momentum, et ainsi contenir l’employé.

Ce que vous faites, n’est que d’ouvrir la porte. Votre éthique professionnelle de travail est de faire connaître à tous, que cette porte existe, et de vous assurer que chacun saisisse ce qui pourrait le mener vers celle-ci. Justice organisationnelle; justice procédurale. Votre devoir et responsabilité sont d’outiller, de développer et de supporter vos employés. Par contre, votre expérience vous dit maintenant, que les murs ont des oreilles, et que certaines choses, dans certaines situations, nécessitant une mesure de dernier recours, doivent rester secrètes.

Toute bonne chose n’est pas bonne à savoir, et encore moins à dire, ce qui n’empêche pas qu’elle puisse être bien faite et générer les résultats attendus.

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