Chu’ malade doc!

Le 20 avril 2003, on aurait dit qu’un camion m’avait passé dessus. Malade dites-vous! Une grippe d’homme, une vraie! L’étrange impression que l’ensemble de mes muscles étaient perpétuellement en contractions, me faisant sentir comme un bloc de béton affaibli par un 40° Celsius de fièvre et une constante envie de me cracher mes tripes. Je me souviens de la date, puisque je revenais tout juste de vacance. Je me souviens de la date, puisque c’est la dernière fois que j’ai pris une journée de maladie dans ma banque d’heure au travail.

En posant les pieds au sol ce matin, j’ai eu l’impression que, le plancher en bois flottant, flottait vraiment sous mes pieds. La simple lueur de la lune, passant au travers les verticaux, me causa une douleur aux yeux. En deux temps, trois mouvements très lents, je me suis préparé pour aller attendre à la clinique. Non pas pour aller me chercher un billet médical pour justifier mon absence au travail, non pas pour avoir un Break de mes enfants, mais bien parce que ça fait 14 ans que je n’ai pas été malade, et là, j’ai des enfants justement. Ça ne me tente pas de les rendre malades, donc je veux un diagnostic, un médicament, une solution rapide.

Arrivé à la clinique, je me suis dit qu’un cimetière était plus vivant et plus accueillant que l’atmosphère qui y régnait. 2-3 poqués, 6-7 personnes âgées, 3-4 mères de famille avec leurs petits, et 10-20-30 touristes, plus la journée avançait.

Je me dis que nous n’allons pas attendre à la clinique pour le confort des chaises, digne de l’époque des écoles privées de 1956. Ou encore pour rencontrer l’âme sœur; ou encore pour aller divertir la plèbe.

Telle l’eau qui atteint son point d’ébullition pour faire sauter le piston de pression, le RH en moi a décidé de jaillir. Tant qu’à attendre, pourquoi ne pas tendre l’oreille et écouter subtilement les conversations. Le marteau de mon tympan résonne une fois, puis une seconde fois, une troisième et maudit, une quatrième fois.

« Je viens ici pour me chercher un billet du médecin pour justifier mon absence du travail aujourd’hui »

Aucunement malade, voulant simplement profiter d’une journée de maladie payée. Tout ce mal pour fourrer et être payé, encore.malade1.jpg

Vraiment malade, facilement observable! Euh, tant qu’à venir ici, reste chez toi et absorbe la perte de salaire d’une journée! Mais qui peut vraiment se le permettre…

Pour freiner certaines situations abusives, ou bien pour les prévenir, l’employeur demande habituellement un billet médical pour justifier les absences de trois jours et plus. Par contre, le merveilleux monde du travail est bourré de crosseurs qui doivent présenter un billet médical pour chaque journée d’absence. Certains ont commencé à engorger le système pour se faire payer des journées de travail non-travaillées. Ces mêmes personnes continuent maintenant d’engorger le système de santé, mais cette fois-ci, le but recherché, est de justifier leurs absences, même si elles ne sont plus payées. Tout ça afin de ne pas se faire congédier.

Je ne suis pas malade, mais je n’ai pas envie de travailler. Je vais donc me chercher un billet médical pour ne pas me faire congédier. Que c’est beau!

Quoique tout ce que je viens de vous dire, soit documenté, validé et scientifiquement reconnu, il est parfois nécessaire de délaisser la théorie pour aller se fondre dans l’échantillonnage et échanger avec les variables.

L’engorgement du système de santé est, entre autres, dû à l’égorgement latent du système du travail. L’un nuit à l’autre, tout en ayant besoin de celui-ci. Ici, je ne parle que des cas d’absentéismes bénins que de certains gestionnaires zélés, et que de certaines politiques d’entreprises défaillantes. Je n’ai même pas envie d’aborder la question des formulaires médicaux et les cas de CNESST…

Merci à tous ces docteurs qui diffèrent le congédiement dans le temps.

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