Ceci est cela

Improvisation comparée ayant pour thème la comparaison.

Avez-vous déjà fait de l’impro? Une équipe qui présente sa version du sujet d’impro demandé versus une autre équipe qui fait la même chose. Le public compare, choisit, et désigne un perdant.

Dans cette ère du politiquement correct, oser comparer, c’est être prêt à recevoir des coups.

Comparer, ce n’est pas seulement mettre une chose en face de l’autre ou bien un à côté de l’autre, et laisser les autres s’arranger avec le reste, c’est-à-dire avec ladite comparaison.

Qui me dit que disposer d’une orange à côté d’une pomme implique de facto une comparaison? Parce qu’elles sont là, dois-je implicitement comprendre que je dois les comparer?

Souvent, lorsqu’on demande aux gens de comparer une réaction X versus un comportement Y en milieu de travail, les gens se limitent à dire brièvement -même la description semble difficile- et succinctement, ce qu’sont X et Y, point. Pourquoi? Parce que mettre ces deux éléments, un à la suite de l’autre, fait en sorte que la comparaison est faite. Rien de plus, rien de moins. Quelle paresse, ou bien, quelle incompétence, je ne saurais dire et je ne m’avancerai pas davantage. Chose certaine, méchant casse-tête, lorsqu’il est question d’analyser une comparaison de la sorte.

Réducteur, j’en conviens, mais j’ai l’impression que ce type de comparaison s’est cimentée avec le temps, et je soupçonne que le consumérisme en est pour quelque chose. Je veux dire, par exemple, à l’épicerie, face à des pans de mur de produit, nous comparons les produits et faisons nos choix, malheureusement très souvent, en fonction du prix et non en fonction de la qualité. Nous comparons le prix de la canne de conserve 1 avec le prix de la canne de conserve 2. C’est tout! Pour nous, comparer, se limiter à comparer des prix de produit.

Par contre, quel traumatisme vivons-nous, lorsque nous apercevons quelqu’un comparer les quantités offertes, les glucides contenus, et tous autres additifs merdiques. Un fou! Un vrai fou!

Comparer, c’est ne pas avoir peur de nommer les choses comme elles le sont. Elles sont là, elles existent comme ça, dans cet état-là, donc je peux dire, sans avoir peur de me faire traiter de tous les noms, que c’est ça!

Comparer, c’est mettre quelque chose en relief. C’est faire ressortir des éléments similaires ou totalement opposés. Bouchez vos oreilles : il existe des égalités et des inégalités dans ce-bas monde et les comparaisons peuvent le démontrer.

Comparer, c’est en quelque sorte prendre position, non pas sur ladite chose, mais bien sûr la façon dont nous l’exposons et l’expliquons, afin de nous la faire connaître, de nous la faire apprécier, ou encore, de nous faire penser.

Ooh! Je viens de dire un gros mot : penser

Nous sommes bons pour critiquer, un peu moins pour décrire, encore moins pour comparer, et que dire lorsqu’il faut analyser…

Difficile d’analyser et de comparer quand les gens le font pour nous; quand les gens l’ont toujours fait pour nous; et encore plus difficile, lorsque l’on nous a jamais présenté la façon de procéder. Conséquemment, et par extension, la non-exposition à cette nécessité implique bien souvent que nous n’ayons jamais demandé aux gens d’analyser, de comparer, de développer leur esprit critique, et de penser par eux-mêmes.

Si cela n’a pas été acquis, développé, et consolidé dès les bancs d’école, c’est pratiquement foutu sur le marché de l’emploi. Le temps manque pour tous, l’employeur n’est pas intéressé à débourser pour développer ses qualités, puisqu’il cherche à embaucher des gens les ayant déjà. Certains diront que l’école de la vie peut s’en occuper. Effectivement, j’en conviens, mais j’avoue aussi que l’école de la vie ne pave que très rarement le chemin menant à des emplois intéressants, stimulants et bien rémunérés.

Comparer, c’est beaucoup plus que de présenter les choses comme elles le sont, en toute objectivité. Mon chandail est bleu, le tien est vert. C’est super! Nous avons tous les deux, un chandail, les couleurs diffère. La comparaison s’arrête là.

Avant d’analyser et de critiquer, nous pouvons aussi mettre un peu de poésie dans la comparaison. Ainsi, ma chemise de soie bleue azure détonne de son T-shirt plus vert que ne peut l’être le zest de la lime.

C’est con, mais nous avons de la matière à analyser; nous avons quelque chose sur lequel nous pouvons échanger et débattre, tout en nous laissant l’opportunité de critiquer… le choix de la poésie.

SVP, la prochaine fois que vous présenterez vos options d’intervention à vos gestionnaires et directeurs, prenez le temps de définir et mettre en relief les éléments de comparaison pour rapidement éclairer vos clients dans les choix d’actions qui s’offrent à eux. Ne mettez pas seulement B à côté de A, et C à côté de B en espérant que votre client fasse le travail à votre place et en espérant que le choix se soit arrêté sur l’option la plus avantageuse.

Je dis ça d’même!

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