Non mais, c’est quoi ton problème?

Un Québécois souverainiste, discute et échange réciproquement avec un canadien fédéraliste, sur le concept de l’indépendance et sur l’importance de se donner les moyens pour agir. Outre les petites guéguerres intestinales et divergences politiques, les deux comprennent et s’entendent sur les concepts discutés, défendus et pourfendus.

Nous ne sommes pas dupes, l’idée que l’on se fait sur un sujet donné, influence ce que l’on pense réellement de ce sujet, et cet état de fait, influence évidemment la façon dont on parle de ce sujet.

D’emblée, je reconnais que les choix des mots utilisés, la perception, l’interprétation sélective, l’écoute sélective, et l’état d’esprit, influencent simultanément la façon dont nous abordons une problématique et la façon dont nous la comprenons, dont nous l’emmagasinons, la traitons, la transposons, et l’appliquons. De façon générale, nous grandissons suite à la prise de décision ou à la résolution de problème.

Mais sommes-nous disposé de la même façon pour en parler de la même façon et s’entendre de la même façon sur la solution?

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’en vieillissant, et malgré ce que l’on croit fermement à l’adolescence, notre regard change et évolue. Notre point de vue et nos convictions sur certaines choses peuvent demeurer les mêmes au fil des ans, mais elles demeurent et se redéfinissent pour de nouvelles raisons.

Les problèmes demeurent, mais la pensée évolue, ce qui fait en sorte qu’avec le temps, nous abordons les mêmes problèmes, aujourd’hui, mais sous un angle différent. Certains laisseront croire que l’expérience leur permet d’agir de telle ou telle manière en pareille situation, puisqu’il faut tenir compte des enjeux, des individus, des contextes et du degré d’influence sur la problématique ou la solution. C’est vrai, à l’occasion, mais c’est aussi vrai que le temps fait son œuvre.

Ce n’est pas une question de sagesse ou bien de se rasséréner; ou encore d’être blasé de la vie et de ne plus s’exciter au moindre geste. Ce n’est pas une question de désillusion ou de cynisme, non plus. C’est une question de vie; une question de bon sens; c’est une question individuelle qui concerne à la fois ce que nous faisons du problème et ce que nous voulons viscéralement en faire. Peut-être le solutionner, ou peut-être pas.

C’est une question individuelle soumise aux contraintes et pressions sociales qui aimeraient que nous traitions tous les problèmes de la même façon, pour les mêmes raisons, et que nous arrivions tous unanimement au même constat, afin de n’avoir qu’une seule et unique solution à un problème donné, et cette solution est bien évidemment comprise de la même façon, pour être appliquée de la même façon, interprétée de la même façon et dont les effets et conséquences seront les mêmes pour tous. problème3

C’est-tu pas beau ça!?!

Il y a fort longtemps que l’on sait qu’il y a plusieurs chemins pour se rendre à Rome, tout comme il y a plusieurs types de locomotions pour s’y rendre, et nous savons aussi que nous ne sommes pas tous obligés de partir en même temps, et encore moins d’arriver en même temps, pour s’y rendre.

Il n’y a pas d’état d’esprit ou de prédisposition meilleur qu’un autre pour interpréter, discuter, comprendre, et saisir l’importance du problème ou les conséquences de l’action. Je préfère plutôt parler de conditions favorables pour la prise en charge du problème et l’élaboration conjointe de solutions. Gestionnaires, est-ce que cela vous sonne des cloches?

Présentement, le meilleur exemple concerne la légalisation du pot. Les jeunes en parlent, les vieux en parlent, les RH en parlent, les employeurs en parlent, les syndicats en parlent et notre PM en fume. Il est vrai que la compréhension du problème, des enjeux sociaux et des bouleversements à long terme sont abordés en long et en large, passablement compris, et discutés dans la population en général.

Toutefois, ce n’est pas parce que l’on se parle du problème et que l’on s’entend sur une piste de solution, que l’on interprète la problématique de la même façon et que l’on applique la solution pour le même dessein.

On parle et on fait comme si l’on se comprenait, mais dans les faits, est-ce que l’on se comprend vraiment? En dépit de toutes nos bonnes intentions et de nos efforts, est-ce que l’on parle des mêmes affaires pour les mêmes raisons?

Le merveilleux monde du travail est rempli de questions. Gestionnaire, avant de chercher des solutions pour vos employés, faites tout en votre possible pour vous assurer de parler du même problème et de vous entendre sur cette compréhension avant de poursuivre avec la solution. Ça peut prévenir beaucoup de problèmes au fil d’arrivée.

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