Travailler ou se faire agresser?

La vie est courte, le temps passe vite, et la mort arrive trop rapidement une fois que la cloche de la retraite retentie. Encore à des années-lumière de la retraite, il faut vraiment être au bout du rouleau pour compter chaque jour qui nous sépare de ce moment. Tellement écœuré de travailler dans des conditions merdiques, et dans un système gangréné pour plusieurs décennies encore, que l’on préfère sauter dans le temps et perdre chaque bon moment que nous pourrions VIVRE, seulement pour ne plus être un esclave cadavérique du travail.

Ça, c’est le présent de beaucoup de travailleurs québécois, et l’avenir souhaité, n’est que la résultante d’une blessure et d’un profond malaise. Mais avant d’en arriver à la retraite, il faut bien commencer quelque part un jour.

Sans trop me poser de questions, lorsque j’avais 12-13 ans, je voulais travailler pour me faire de l’argent, point. Pas de questions, ni d’appréhension sur l’emploi, e surtout aucun plaisir à suer au-dessus de mes fourneaux. Deux seules craintes subsistaient. La première, serais-je payé cette semaine? Et la seconde, aurais-je mon augmentation salariale de 0.12$. À ce chiffre-là, peut-on vraiment parler d’augmentation?

Qu’importe, vieille branche! Les temps ont bien changé, car nous ne sommes même plus certains de vouloir entrer sur le marché du travail. Pis, porté par la remise en question de la notion de travail, nous ne voyons même plus l’intérêt de travailler dans le contextuel actuel. Tout est bouleversé et on bouleverse tout, les conventions passé se redéfinissent à vitesse grand V.

On ne va plus travailler; on va se faire chier au travail!

On ne rentre plus travailler l’esprit tranquille; on rentre travailler stressé comme ça ne se peut pas, en plus de craindre quelconques représailles! Peu importe notre genre, on marche sur des œufs, le cul serré, et on fait tout pour ne pas éternuer.

Principalement et malencontreusement né dans les coulisses du pas si merveilleux monde du travail, la vague post-scandale sexuel a fait beaucoup de ravage, souvent mérité, parfois tiré par les cheveux, mais peu importe, la tempête a fait son œuvre.

Malheureusement, en 2018, les relations de travail et le merveilleux monde du travail semblent tristement se limiter à quelques mots qui définissent une grande douleur. Harcèlement, agression, intimidation, pression, épuisement professionnel, exténuation, éclatement des rêves, et la liste continue.

Que des éléments très invitants pour se joindre au marché du travail, n’est-ce pas!

Tu pensais décrocher avant l’obtention de ton diplôme du secondaire pour aller travailler? Je t’invite à reconsidérer ta position avant de rejoindre l’infâme marché du travail… D’un autre côté, nous complétons nos études, devenons insomniaques, se battons pour un stage, développons de l’anxiété pour se trouver un premier emploi, puis un second, et tout ça, afin de rejoindre un marché du travail qui n’a aucune pitié pour aucun d’entre nous.

Le rêve s’est brisé quelque part.

Je plains et je ressens un inconfort pour les plus jeunes qui se joignent à nous sur le marché de l’emploi. Habituellement, lorsque tu entres sur le marché du travail, tu veux t’informer et te mettre à jour sur la profession, sur les conditions d’emploi et sur le type d’environnement de travail.

Aujourd’hui, il n’y a rien de reluisant, et encore moins de quoi être fier, puisque c’est nous, entre-autre, qui avons créé ces conditions. Je vous invite à faire quelques lectures, et je suis convaincu que la mâchoire de certains d’entre vous se disloquera toute seule.

Un petit recensement rapidement de la revue de littérature des derniers jours… en veux-tu, en v’là :

·       Employees Say They’re Still Afraid to Report Sexual Harassment (Bloomberg, jeudi 1 février 2018)

·       RCMP harassment claims could hit 4,000 in wake of #MeToo, lawyers say(CBC News, mercredi 31 janvier 2018)

·       Sexual harassment in the workplace: how organizational policies can make a difference (Phys.org, mercredi 31 janvier 2018)

·       Bill C-65: Here’s what the anti-harassment bill does and how it will affect you(Global News, lundi 29 janvier 2018)

·       Many employers get a vote of no confidence when it comes to handling harassment (USA Today, vendredi 26 janvier 2018)

·       When sexual harassment happens outside the office — and online instead (CNN Money, vendredi 26 janvier 2018)

·       Young women face ‘pervasive’ culture of sexual harassment in Canadian politics(The Hamilton Spectator, vendredi 26 janvier 2018)

·       The Terrible Cost Of Sexual Harassment–And How To Avoid It (Forbes, mercredi 24 janvier 2018)

Il me semble qu’il faut être fou, ou du moins fait fort et ne pas être trop fataliste, pour vouloir rejoindre le marché du travail en 2018!

Vous voulez mettre des lunettes roses, je passe mon tour aujourd’hui. Vous vous dites que je ne fais que mettre les éléments négatifs en lumière, puisqu’il y a beaucoup plus de points positifs, de concepts plus gagnants, et que ce n’est pas aussi pire que je ne le dépeins aujourd’hui et veux bien vous le laisser croire.

Je veux bien et je vous fais confiance sur ce point, mais quand même, ça prend une grande gueule comme moi aujourd’hui, ne serait-ce que pour dire que le marché du travail est parfois laid, cruel, sans pitié, et qu’au final, le marché du travail en n’a rien à foutre de nous, une fois la force de travail utilisée et les taxes et impôts payés.

Nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres, nous ne sommes pas encore en mesure de constater l’évolution du marché de l’emploi suite aux vagues de dénonciations et à la conscientisation des masses. Nous sommes donc encore loin d’être en mesure d’évaluer et de mesurer l’impact des derniers changements.

Je suis néanmoins confiant que de ces conceptions négatives, et de ces actes répréhensibles, émergeront une forte et solidaire affirmation de soi, une redéfinition générale des politiques d’entreprises, une refonte des valeurs et des cultures d’entreprise, et une meilleure définition de nos limites et de ce qui est acceptable ou non en tant qu’employé.

Un jour, le soleil se montrera le bout du nez.

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